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Le besoin de logement comme l’un des moyens d’exonération de l’impôt sur le revenu lors de la vente de biens immobiliers en République tchèque

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Exonération fiscale lors de la vente d'un bien immobilier et besoin de logement en République tchèque


Qu'est-ce que le besoin de logement selon le droit fiscal tchèque et à quoi sert-il

En règle générale, selon la législation tchèque, les revenus des personnes physiques provenant de la vente d'un bien immobilier en République tchèque sont exonérés si elles en étaient propriétaires depuis plus de 5 ans (en cas d'acquisition avant fin 2020) ou 10 ans (en cas d'acquisition à compter du 1er janvier 2021), ou si le vendeur avait sa résidence dans le bien tchèque pendant au moins 2 ans immédiatement avant la vente. Les revenus provenant de la vente d'une maison familiale, d'une unité ne comprenant pas d'espace non résidentiel autre qu'un garage, une cave ou un débarras, ainsi que du terrain y afférent, lorsque le vendeur y avait sa résidence pendant une durée inférieure à 2 ans immédiatement avant la vente, peuvent également être exonérés si le produit de la vente est utilisé pour satisfaire le besoin de logement propre du vendeur.

L'utilisation du produit de la vente pour le besoin de logement constitue donc en pratique la troisième voie permettant d'obtenir une exonération de l'impôt sur le revenu lors de la vente d'une maison familiale, d'une unité ne comprenant pas d'espace non résidentiel autre qu'un garage, une cave ou un débarras, ainsi que du terrain y afférent en République tchèque, lorsque le vendeur y avait sa résidence pendant une durée inférieure à 2 ans immédiatement avant la vente (art. 4, al. 1, de la loi tchèque n° 586/1992 Rec., relative à l'impôt sur le revenu).

Une situation typique se présente comme suit : un contribuable vend un bien immobilier tchèque, ne remplit aucune des deux exonérations générales, mais dispose néanmoins d'une troisième option pour être exonéré de l'impôt tchèque sur le revenu, à savoir en satisfaisant à un besoin de logement au sens de l'art. 4b de la loi tchèque relative à l'impôt sur le revenu. Cette voie est toutefois subordonnée au respect de plusieurs conditions formelles et matérielles, dont certaines entraînent des conséquences strictes en cas de non-respect.

Par souci d'exhaustivité, il convient d'ajouter que l'ancienne disposition, de contenu parallèle, de l'art. 15, al. 3 de la loi tchèque relative à l'impôt sur le revenu (relative à la déduction des intérêts d'un prêt hypothécaire), a été transférée sur le fond à l'art. 4b par la loi modificative n° 386/2020 Rec. La jurisprudence des juridictions tchèques développée à propos de l'art. 15, al. 3, est donc pleinement applicable par analogie à l'interprétation de l'art. 4b.

Liste exhaustive des huit modalités de réalisation du besoin de logement selon le droit tchèque

Le besoin de logement est défini par une liste exhaustive à l'art. 4b, al. 1, lettres a) à h) de la loi tchèque relative à l'impôt sur le revenu. Cela signifie que le produit de la vente d'un bien immobilier tchèque doit être utilisé exactement pour l'une des huit finalités énumérées, faute de quoi le droit à l'exonération ne naît pas, même si l'argent a effectivement servi à des fins de logement. Les contribuables ne peuvent pas compter sur le fait que l'administration fiscale tchèque reconnaisse également une finalité que la loi ne mentionne pas expressément, au seul motif qu'elle correspond logiquement à l'esprit de la loi.

Les huit modalités légales de réalisation du besoin de logement selon le droit fiscal tchèque :

  1. construction d'un immeuble collectif ou d'une maison familiale, d'une unité, ou transformation d'une construction ;
  2. acquisition à titre onéreux d'un terrain sur lequel une construction débutera dans les 4 ans suivant l'acquisition, ou d'un terrain lié à l'acquisition d'une maison ou d'une unité ;
  3. acquisition à titre onéreux d'un immeuble collectif, d'une maison familiale, d'une construction en cours ou d'une unité ;
  4. paiement d'un apport de membre à une coopérative en vue d'obtenir la location ou l'usage d'un logement ;
  5. entretien et transformation d'une maison ou d'un logement, y compris en location ou en usage, et non seulement en propriété ;
  6. partage des biens communs des époux ou des cohéritiers, lorsqu'il s'agit du paiement d'une part liée à l'obtention d'un logement ou d'une maison ;
  7. paiement pour le transfert d'une part coopérative en lien avec le transfert du droit de location d'un logement ;
  8. remboursement d'une dette ayant servi à financer l'un des besoins précédents.

Le cas le plus fréquent relève de la lettre c) — un contribuable vend un bien immobilier en République tchèque et utilise le produit directement pour acheter un autre bien tchèque dans lequel il souhaite habiter. Il peut également s'agir de la construction d'une nouvelle maison familiale au sens de la lettre a), ou de la rénovation d'un logement au sens de la lettre e).

Ce qui est déterminant, c'est l'usage réel, et non le cadastre tchèque

Tant la loi tchèque que la doctrine soulignent que ce qui est déterminant, c'est l'usage réel du bien à des fins de logement, et non le statut formel inscrit au cadastre immobilier tchèque (katastr nemovitostí) ou l'affectation d'usage approuvée de la construction. Un simple contrat de vente et l'inscription du droit de propriété au cadastre tchèque ne suffisent donc pas — en cas de contrôle par l'administration fiscale tchèque, il faut prouver que le bien a effectivement servi de résidence permanente.

La Cour administrative suprême tchèque, dans son arrêt du 25 juin 2020, affaire n° 1 Afs 133/2019, a précisé qu'il convient d'établir la situation réelle ainsi que la finalité et le mode d'utilisation concrets du bien concerné, la charge de la preuve incombant au contribuable. Il est donc recommandé de conserver les documents relatifs à la résidence permanente en République tchèque, les factures d'énergie établies à son propre nom, ainsi que toute autre preuve démontrant l'habitation effective du bien.

Les biens de loisirs posent problème au regard du besoin de logement en République tchèque

Lorsqu'un contribuable achète un bien tchèque qu'il n'entend pas principalement habiter de manière permanente, mais plutôt utiliser occasionnellement (chalet, bien de loisirs), il convient de considérer qu'un tel achat ne constitue généralement pas un besoin de logement. La Cour régionale de Brno, en République tchèque, dans son arrêt du 28 mars 2019, affaire n° 29 Af 66/2017, l'a exprimé clairement : contrairement à un immeuble collectif ou à une maison familiale, une construction destinée aux loisirs familiaux n'est pas considérée comme une construction destinée au logement.

Il existe toutefois aussi une décision en sens contraire, dans laquelle un tribunal tchèque a reconnu qu'un bien formellement enregistré comme bien de loisirs satisfaisait au besoin de logement, parce qu'il servait effectivement de résidence permanente — la Cour administrative suprême tchèque, dans son arrêt du 16 février 2021, affaire n° 1 Afs 453/2020, a admis que l'avantage fiscal peut également s'appliquer à un bien enregistré comme construction de loisirs si, par sa qualité, il correspond à une construction destinée à une habitation permanente et si le contribuable prouve son usage effectif comme logement propre. S'appuyer sur cette exception est toutefois risqué — le contribuable devrait supporter la charge de prouver qu'il s'agit de sa résidence unique et effective, ce qui est plus difficile à établir pour un bien de loisirs et conduirait probablement à un litige avec l'administration fiscale tchèque. Aux fins du besoin de logement, il est donc recommandé de s'en tenir à des biens dont la typologie même est destinée au logement.

Dans le même arrêt, la Cour administrative suprême tchèque a souligné que la finalité de cette disposition n'est pas de garantir de manière universelle la satisfaction d'un besoin de logement en tant que tel — d'autres instruments, principalement les prestations sociales, servent cet objectif en droit tchèque. Il s'agit d'une incitation à ce que les personnes assument la responsabilité de leur propre logement, et non d'un soutien général au logement pour quiconque décide de financer un bien quelconque dans lequel il entend résider. Plus l'investissement envisagé se rapproche de la conception habituelle du logement familial, plus la reconnaissance du droit est assurée.

Obligation de déclaration à l'administration fiscale tchèque

Une étape clé à ne pas négliger est la déclaration de l'obtention des fonds à l'administration fiscale tchèque (finanční úřad), au plus tard à l'échéance du délai de dépôt de la déclaration d'impôt pour la période fiscale au cours de laquelle le produit de la vente a été obtenu. Il ne s'agit pas d'une simple formalité — la doctrine relative au droit fiscal tchèque précise que l'omission de cette déclaration entraîne l'impossibilité de bénéficier de l'exonération prévue à l'art. 4b, même si les fonds ont effectivement et correctement été utilisés pour le logement.

Le sens de cette obligation de déclaration est de distinguer le contribuable qui a, dès le départ, l'intention d'investir les fonds dans le logement, de celui qui profite simplement d'une possibilité d'imposition différée. Il s'agit d'une démarche administrative relativement simple, qu'il est recommandé d'effectuer conjointement avec la déclaration fiscale tchèque ou immédiatement après.

Délais d'utilisation du produit de la vente d'un bien immobilier tchèque

Pour l'utilisation des revenus provenant de la vente de biens immobiliers tchèques en vue d'un nouveau besoin de logement, le droit tchèque prévoit une fenêtre temporelle répartie sur trois périodes fiscales. Les fonds peuvent être utilisés pour l'avenir, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la période fiscale suivant immédiatement l'année de leur obtention, ou de manière rétrospective — ils peuvent être « imputés rétroactivement » à des dépenses de logement déjà engagées au cours de l'année précédant celle de leur obtention.

La variante rétrospective permet de dépenser des montants correspondant aux fonds obtenus avant même que le contribuable ne les reçoive effectivement. Ainsi, si un contribuable avait déjà acquis ou rénové un logement en République tchèque un an avant la vente du bien, le produit de la vente peut ultérieurement être « rattaché » à cet investissement antérieur et l'exonération être demandée rétroactivement.

Pour l'achat d'un terrain destiné à une future construction, le droit tchèque prévoit un délai distinct et strict de quatre ans pour le début de la construction, calculé à compter de l'acquisition du droit de propriété sur le terrain. Si la construction ne débute pas dans ce délai, le revenu devient un revenu imposable au sens de l'art. 10 de la loi tchèque relative à l'impôt sur le revenu, au titre de la période fiscale au cours de laquelle le délai a expiré sans avoir été respecté. À l'inverse, si le terrain est vendu ou cédé d'une autre manière avant l'expiration de ce délai, l'imposition intervient déjà au moment de la cession. La date d'acquisition du terrain doit donc être considérée comme un jalon fixe — les travaux de construction doivent être démontrablement commencés (et non achevés) dans les quatre ans suivant cette date.

Si la condition relative à l'utilisation des fonds ne peut être remplie, le droit tchèque n'est pas excessivement strict : il ne s'agit pas d'une taxation rétroactive au moment de la vente, mais d'un report de l'imposition à la période fiscale suivante — le revenu devient un revenu dit « autre » au sens de l'art. 10. Ainsi, même si le projet d'investissement n'aboutit pas, aucune pénalité supplémentaire liée au moment de la vente n'est encourue ; l'impôt est simplement régularisé dans la déclaration tchèque de l'année suivante.

Financer le logement d'une autre personne ne suffit pas selon le droit tchèque

La jurisprudence tchèque applique la notion de besoin de logement exclusivement au contribuable lui-même. S'agissant du transfert d'une part coopérative, le Tribunal municipal de Prague, dans son arrêt du 31 août 2007, affaire n° 9 Ca 308/2005, a précisé que le revenu provenant d'un tel transfert est exonéré uniquement pour le contribuable membre de la coopérative disposant d'un droit de location sur ce logement, et non pour les personnes cohabitantes. Faire don d'argent à un enfant ou à un partenaire pour son propre logement ne satisfait donc pas le besoin de logement propre du donateur, même si cela poursuit le même objectif.

Il n'existe pas de définition générale du terme « logement » en droit tchèque

Dans les cas limites (bien atypique, logement partagé, etc.), on ne peut pas se référer automatiquement aux définitions issues de la réglementation tchèque de la construction, car l'ordre juridique tchèque ne comporte pas de définition légale générale du terme « logement » — seules existent des définitions aux fins de réglementations spéciales particulières. La Cour administrative suprême tchèque, dans son arrêt du 6 octobre 2010, affaire n° 3 Ads 23/2010, a précisé que, lorsque plusieurs interprétations sont possibles, il convient de retenir celle qui correspond à la volonté du législateur et au sens objectif de la loi. Dans les cas limites, il est donc toujours nécessaire d'argumenter à partir de la finalité même de l'art. 4b, c'est-à-dire la sécurisation effective de son propre logement.

Recommandations pratiques pour les propriétaires immobiliers en République tchèque

Résumé des étapes pratiques :

  1. Vérifiez si l'utilisation prévue des fonds correspond à l'une des huit modalités de besoin de logement exhaustivement énumérées par le droit tchèque.
  2. Déclarez l'obtention des fonds à l'administration fiscale tchèque au plus tard avec la déclaration d'impôt de l'année d'obtention, même si l'utilisation concrète n'est pas encore certaine.
  3. Utilisez les fonds au plus tard jusqu'à la fin de la période fiscale suivant celle de leur obtention, ou imputez-les rétroactivement à un investissement de l'année précédente.
  4. Pour l'achat d'un terrain destiné à une future construction, surveillez le délai de quatre ans à compter de la date d'acquisition, et gardez à l'esprit que la vente du terrain avant le début de la construction entraîne une imposition dès le moment de la vente.
  5. Conservez tout au long de la période des preuves de l'habitation effective du bien tchèque acquis — la charge de la preuve incombe au contribuable.

Conclusion

Le besoin de logement constitue, selon le droit fiscal tchèque, une solution de secours pour les situations dans lesquelles un contribuable ne remplit ni le test temporel de deux ans, ni celui de dix ans, pour l'exonération de l'impôt sur le revenu, mais investit réellement le produit de la vente dans son propre logement, satisfaisant ainsi son propre besoin de logement. Sa finalité est d'encourager une décision concrète et démontrable de prendre soin de son propre logement — et non de soutenir quiconque disposerait simplement de l'argent provenant de la vente d'un bien immobilier tchèque d'une manière ou d'une autre. Ce qui est toujours déterminant, c'est l'usage réel du bien, et non le statut formel inscrit au cadastre tchèque, ce qui constitue à la fois un avantage et un risque pour le contribuable : un avantage, car même une situation atypique peut fonder le droit à l'exonération ; un risque, car il appartient toujours au contribuable de démontrer son affirmation devant l'administration fiscale tchèque. Dans les cas limites, il est donc conseillé de consulter un conseiller fiscal ou un avocat tchèque avant que la transaction ne soit finalisée, et non seulement lorsque l'administration fiscale s'en aperçoit.

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