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Démission de gérant en Tchéquie et radiation du registre public

Démission de gérant en Tchéquie et radiation du registre public



 

La fonction de membre d'un organe élu comporte une part importante de responsabilité, qu'il s'agisse de la démission d'un gérant, d'un membre du conseil d'administration, d'un membre du conseil de surveillance, d'un membre du comité d'une association ou d'un membre du conseil d'administration d'une coopérative. Cependant, des situations peuvent survenir où la personne en fonction ne souhaite plus ou ne peut plus continuer. Les raisons peuvent être diverses : désaccords personnels avec les associés ou les autres membres de l'organe, opposition à leurs instructions, situation où l'associé est injoignable, ou situation financière défavorable de la personne morale. Cet article se concentre sur le processus de démission et les étapes ultérieures pour obtenir la radiation du registre public, notamment lorsque la personne morale ne coopère pas. Cette problématique est régie principalement par la loi n° 89/2012 Rec., Code civil et la loi n° 90/2012 Rec., sur les sociétés commerciales.


 

Le droit de démissionner de ses fonctions

Le principe fondamental est que tout membre d'un organe élu a le droit de démissionner de ses fonctions à tout moment. Il s'agit d'un acte juridique unilatéral qui ne dépend pas du consentement des autres membres de l'organe, de l'assemblée générale ou des associés. La loi protège ainsi l'individu contre le maintien involontaire dans ses fonctions.

 

Je suis gérant, membre du conseil d'administration ou du conseil de surveillance : Comment démissionner ? (selon la loi sur les sociétés commerciales)

Pour les membres des organes élus des sociétés commerciales (par exemple SARL, SA, coopératives), tels que le gérant, le membre du conseil d'administration, le membre du conseil de surveillance ou le membre du conseil d'administration d'une coopérative, la procédure est définie au § 58 de la loi sur les sociétés commerciales. Le membre démissionnaire notifie sa démission à l'organe qui l'a élu (typiquement l'assemblée générale).

  • L'exercice de la fonction prend fin le jour où la démission a été examinée ou aurait dû être examinée par l'organe qui l'a élu, sauf si les statuts prévoient qu'il suffit que l'examen soit effectué par l'organe dont il est membre. L'organe compétent est tenu d'examiner la démission sans retard injustifié, au plus tard lors de la prochaine réunion suivant la réception de la démission. (§ 58 al. 1 de la loi sur les sociétés commerciales)
  • Dans le cas d'un membre d'un organe élu d'une coopérative, l'exercice de la fonction prend fin au plus tard 3 mois après la réception de la démission. (§ 58 al. 1 de la loi sur les sociétés commerciales)
  • Si le membre démissionnaire annonce sa démission directement lors d'une réunion de l'organe compétent, l'exercice de la fonction prend fin à l'expiration d'un délai de 2 mois après cette annonce, sauf si l'organe compétent approuve, à sa demande, un autre moment de cessation de la fonction. (§ 58 al. 2 de la loi sur les sociétés commerciales)
  • Si les pouvoirs de l'assemblée générale sont exercés par un associé unique, l'exercice de la fonction prend fin à l'expiration d'un délai de 2 mois à compter de la réception de la notification de démission par l'associé unique, sauf s'il approuve, à la demande du membre démissionnaire, un autre moment de cessation de la fonction. (§ 58 al. 3 de la loi sur les sociétés commerciales)

 

Je suis au comité d'une association, d'un syndicat de copropriétaires ou d'une autre organisation : Comment démissionner ? (selon le Code civil)

Pour les associations, où l'on traite typiquement de la démission d'un membre du comité d'une association ou du président de l'association (s'il s'agit d'un organe statutaire individuel), et les autres personnes morales auxquelles ne s'applique pas la réglementation spéciale de la loi sur les sociétés commerciales, la réglementation générale du § 160 du Code civil s'applique.

  • Le membre d'un organe élu démissionne de ses fonctions par une déclaration parvenue à la personne morale.
  • La fonction prend fin à l'expiration de deux mois à compter de la réception de la déclaration par la personne morale. (§ 160 du Code civil)

 

Obligations de l'organe statutaire (notamment du gérant) en cas de démission et de difficultés financières

Même en cas de démission, le membre de l'organe statutaire est tenu d'agir avec la diligence d'un bon gestionnaire et de maintenir sa loyauté envers la personne morale. La démission ne doit pas être effectuée à un moment inopportun d'une manière qui porterait préjudice à la personne morale.

Des obligations particulières naissent lorsque la personne morale se trouve en difficulté financière, ce qui peut également être une raison de démission du membre de l'organe :

  • Obligation d'agir en cas de faillite imminente : L'organe statutaire est tenu de prendre sans retard injustifié les mesures nécessaires pour éviter la faillite. Cela inclut également l'obligation de surveiller la situation économique et, en cas de détection d'une faillite imminente ou de capitaux propres négatifs, de réagir de manière adéquate, ce qui peut inclure la convocation de l'organe suprême (par exemple l'assemblée générale) pour examiner la situation et proposer des solutions.
  • Obligation de déposer une demande d'insolvabilité : Selon le § 98 al. 1 de la loi sur l'insolvabilité (loi n° 182/2006 Rec.), le débiteur qui est une personne morale ou une personne physique commerçante est tenu de déposer une demande d'insolvabilité sans retard injustifié après avoir appris ou avoir dû apprendre avec la diligence requise son état d'insolvabilité. Cette obligation incombe également aux organes statutaires du débiteur (§ 98 al. 2 de la loi sur l'insolvabilité).
  • Conséquences du non-respect de l'obligation de déposer une demande d'insolvabilité : La personne qui viole cette obligation est responsable envers le créancier du dommage ou autre préjudice causé par la violation de cette obligation (§ 99 de la loi sur l'insolvabilité).

Par ailleurs, le § 66 de la loi sur les sociétés commerciales établit les conséquences possibles pour le membre de l'organe statutaire qui a contribué par la violation de ses obligations à la faillite de la société commerciale, y compris l'obligation éventuelle de restituer les avantages obtenus du contrat d'exercice de fonction ou de fournir une prestation à la masse de la faillite. Il est important de réaliser que la démission ne libère pas le membre de l'organe de sa responsabilité pour les actes accomplis pendant l'exercice de sa fonction.

 

Radiation du registre après la démission

La démission elle-même et la cessation de la fonction ne mettent pas fin au processus. L'essentiel est d'obtenir la radiation du membre démissionnaire du registre public (par exemple le registre du commerce, le registre des associations). Tant que la personne est inscrite au registre, les tiers de bonne foi peuvent croire qu'elle est toujours habilitée à agir au nom de la personne morale.

 

Obligation primaire de la personne morale

Selon le § 11 al. 2 de la loi n° 304/2013 Rec., sur les registres publics des personnes morales et physiques (ci-après « LRP »), la demande d'inscription (donc également de radiation d'un membre d'organe) doit être déposée sans retard injustifié après la survenance du fait déterminant. Cette obligation incombe en premier lieu à la personne morale elle-même.

 

Que faire si la personne morale n'agit pas ?

Si la personne morale (par exemple en raison d'un associé injoignable ou de l'inaction des membres restants de l'organe) ne dépose pas de demande de radiation, le membre démissionnaire dispose des options suivantes :

  1. Demande d'inscription déposée par le membre démissionnaire :

    Si la personne morale ne remplit pas l'obligation de déposer une demande d'inscription dans les 15 jours suivant la naissance de cette obligation, toute personne justifiant d'un intérêt juridique et joignant à sa demande les documents nécessaires peut déposer une demande d'inscription (§ 11 al. 3 LRP). Le membre démissionnaire a indubitablement un tel intérêt juridique.

    La demande doit être accompagnée notamment de la preuve de la démission (par exemple une copie de la démission avec accusé de réception ou le procès-verbal de la réunion de l'organe où la démission a été annoncée/examinée) et de la preuve de la cessation de la fonction (par exemple l'expiration du délai applicable). La demande est déposée sur le formulaire prescrit (disponible sur le portail Justice.cz) et est soumise à un droit de 2 000 CZK (les inscriptions concernant les associations sont exonérées de ce droit).

  2. Dépôt d'une plainte auprès du tribunal du registre :

    Une alternative consiste à déposer une plainte moins formelle auprès du tribunal du registre. Le membre démissionnaire y informe le tribunal de la discordance entre l'état inscrit et la réalité et joint la preuve de la cessation de sa fonction. Il est conseillé d'attendre, avant de déposer la plainte, l'expiration du délai dans lequel la personne morale aurait dû agir.

    Le tribunal peut, sur la base de la plainte, engager une procédure de mise en conformité d'office. Le dépôt de la plainte n'est pas soumis à des frais, mais le plaignant ne devient pas partie à la procédure et n'a pas la garantie que le tribunal engagera effectivement la procédure. Si le tribunal engage la procédure et constate l'inaction de la personne morale, il peut lui infliger une amende d'ordre (jusqu'à 100 000 CZK ; § 104 LRP), voire, dans les cas extrêmes, décider de sa dissolution avec liquidation si cela est dans l'intérêt de la protection des tiers (voir § 104 et suivants LRP).

 

Conclusion

La loi permet aux membres des organes statutaires de démissionner de leurs fonctions même sans le consentement de la société ou de l'association, et l'inaction de l'autre partie n'affecte pas l'efficacité de la démission. L'essentiel est que la démission soit formellement correcte, qu'elle soit notifiée de manière prouvée et qu'après l'expiration des délais légaux conduisant à la cessation de la fonction, l'ancien membre prenne des mesures pour assurer sa radiation du registre public. Il évitera ainsi d'éventuelles complications et se protégera contre une éventuelle responsabilité liée au maintien apparent dans ses fonctions. En cas de doute ou de litige imminent, il est toujours opportun de consulter un spécialiste.

 
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JUDr. Mojmír Ježek, Ph.D.
ECOVIS ježek, advokátní kancelář s.r.o.
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