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Changements en droit pénal après la réforme 2025

Réforme du code pénal 2025 : Changements clés du cannabis au certificat enfant


La Chambre des députés examine un projet de loi gouvernemental (document parlementaire 861/0) qui représente l'une des réformes les plus importantes du droit pénal tchèque de ces dernières années. Cette vaste réforme du code pénal 2025, dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2026, vise à moderniser le système de sanctions, à répondre aux nouvelles menaces sociales et technologiques tout en réduisant le niveau de répression pénale pour les infractions moins graves. Le rapport explicatif du projet souligne la nécessité de « revoir certains paramètres de la réglementation pénale actuelle qui conduisent à ce que la peine privative de liberté soit purgée même par des condamnés pour lesquels la réaction à leur comportement illégal ne devrait pas nécessairement être liée à une privation de liberté ».

Cet article présente un aperçu des changements les plus importants, de la dépénalisation du cannabis tant attendue et des sanctions contre les deepfakes, au durcissement des peines pour les crimes de haine, jusqu'à l'introduction très controversée du certificat enfant.

Dépénalisation du cannabis : Nouvelles limites pour la possession et la culture

L'un des changements les plus médiatisés apportés par la réforme du code pénal 2025 concerne l'ajustement des sanctions pour les infractions mineures liées aux drogues, en particulier le cannabis. L'objectif est, comme l'indique le rapport explicatif, de concentrer les sanctions sur le crime organisé et la grande distribution, et non sur les consommateurs ordinaires. Les dispositions § 284 et § 285 du code pénal et la loi sur les substances addictives (n° 167/1998 Rec.) sont donc modifiées.

Le terme imprécis actuel de « quantité supérieure à une petite quantité » sera remplacé par des limites concrètes qui distingueront clairement le comportement légal, la contravention et l'infraction pénale.

Nouvelles limites proposées :

  • Comportement légal (pour les personnes de plus de 21 ans) : La nouvelle loi sur les substances addictives (§ 5 al. 13) propose qu'aucune autorisation ne soit requise pour la culture de jusqu'à 3 plants de cannabis pour usage personnel.
  • Contravention vs. infraction pénale : L'infraction pénale de culture non autorisée de plants de cannabis (§ 285 al. 1) ne sera commise qu'avec la culture de plus de 5 plants. La possession pour usage personnel sera punissable (§ 285 al. 2) seulement en cas de quantité supérieure à 200 g au domicile, ou supérieure à 50 g hors du domicile. Si une personne détient pour son usage personnel une quantité entre 100 g et 200 g au domicile et entre 25 g et 50 g hors du domicile, il s'agira d'une contravention, et la possession en dessous de ces limites, c'est-à-dire jusqu'à 100 g à son domicile et jusqu'à 25 g en dehors, sera entièrement légale. La culture de plants de cannabis jusqu'à 3 unités sera également entièrement légale.

Ce changement représente une libéralisation significative et un passage de la répression à une politique antidrogue rationnelle qui distingue les consommateurs des groupes organisés.

Nouvelles infractions pénales : Sanctions contre la pornographie deepfake et les activités pour une puissance étrangère

La réforme répond aux menaces technologiques et géopolitiques modernes en introduisant deux infractions entièrement nouvelles.

a) Abus d'identité pour la production de pornographie (§ 191a du code pénal)

Il s'agit d'une réaction directe au phénomène des deepfakes et autres formes de pornographie diffusée sans consentement. Le nouveau paragraphe sanctionne explicitement la production et la diffusion de matériel pornographique qui « représente ou utilise autrement une personne dont on sait qu'elle n'a pas consenti à une telle représentation ou utilisation ». Comme l'indique le rapport explicatif, l'objectif est de combler une lacune dans la réglementation juridique, car les sanctions existantes, par exemple via l'infraction de diffamation, sont insuffisantes. Il est important de noter que, contrairement à certaines réglementations étrangères, il n'est pas nécessaire de causer un préjudice grave – la simple création et diffusion de tel matériel sans consentement est punissable.

b) Activité pour une puissance étrangère (§ 318a du code pénal)

Cette nouvelle infraction vise à renforcer la protection de l'ordre constitutionnel et de la sécurité de l'État contre les menaces hybrides. Elle sanctionne les actes menés pour une puissance étrangère, qui n'incluent pas nécessairement la divulgation d'informations classifiées, mais peuvent consister, par exemple, en des campagnes de désinformation, la surveillance de personnes par des moyens de renseignement ou d'autres activités d'influence visant à nuire aux intérêts de la République tchèque.

Crimes de haine : Extension de la protection et sanctions plus sévères

La réforme du code pénal 2025 étend systématiquement la protection des groupes vulnérables. La circonstance aggravante générale du § 42 lettre b) et de nombreuses infractions qualifiées dans tout le code ajoutent explicitement comme motif de haine :

  • l'âge,
  • le sexe,
  • l'orientation sexuelle,
  • le handicap,
  • l'appartenance à un groupe social.

Le rapport explicatif indique que l'objectif est d'« assurer une protection pénale équivalente aux victimes qui sont attaquées ou contre lesquelles une infraction pénale est commise » pour ces motifs préjudiciables, car la réglementation existante ne les protégeait pas suffisamment. Il s'agit d'une étape importante vers l'harmonisation du droit pénal avec les normes internationales de protection des droits de l'homme.

Le « certificat enfant » controversé : Protection des enfants ou sanction déguisée ?

La partie la plus débattue de la réforme est devenue l'amendement introduisant le certificat enfant, qui prend la forme d'un nouveau registre de faits importants pour le travail avec les enfants. L'objectif est de créer un outil qui empêcherait les auteurs des crimes violents et sexuels les plus graves de travailler avec des enfants, même après l'effacement de leur condamnation.

Bien que l'objectif soit louable, la solution proposée a suscité de vives critiques de la part de la communauté professionnelle, y compris l'Union des avocats de la République tchèque. Dans son avis, elle souligne plusieurs problèmes constitutionnels fondamentaux :

Sanction déguisée en violation de la Charte

L'Union des avocats soutient que le registre proposé, qui rend de facto impossible l'exercice d'une profession, est en réalité une nouvelle sanction pénale. « La conséquence directe de l'inscription au registre [...] est l'impossibilité d'exercer certains emplois, professions, fonctions ou activités [...]. Selon l'Union des avocats, il ne s'agit pas d'une 'décision accessoire du tribunal', mais d'une interdiction d'activité typique ». Puisqu'une telle sanction n'est pas définie dans le code pénal, son introduction est contraire à l'article 39 de la Charte des droits et libertés fondamentaux, qui stipule que seule la loi peut déterminer quelle sanction peut être infligée pour un acte.

Problème de rétroactivité

Le projet prévoit l'inscription automatique et rétroactive des personnes définitivement condamnées depuis 2005. Cela concerne également les auteurs dont la condamnation a déjà été effacée et qui sont considérés comme non condamnés. Selon l'Union des avocats, une telle approche est en contradiction flagrante avec l'interdiction de rétroactivité (art. 40 al. 6 de la Charte), puisqu'elle impose une nouvelle sanction pour un acte commis dans le passé, perturbant ainsi le principe de sécurité juridique.

Autres changements clés en bref

Peines pécuniaires plus flexibles (§ 67 et § 68)

La réforme supprime les limitations existantes et permet d'imposer une peine pécuniaire pour toute infraction pénale. Son montant (nombre de quotités journalières) sera désormais basé sur la limite supérieure de la peine privative de liberté, ce qui permettra aux tribunaux de réagir plus souplement et de sanctionner les auteurs sur le plan patrimonial, même pour des infractions plus graves, lorsque cela est approprié.

Renforcement de la justice réparatrice (§ 309 du code de procédure pénale)

L'institution de la conciliation est simplifiée. Désormais, pour son approbation, il suffira que l'auteur rembourse au moins 30 % du préjudice et conclue avec la victime un accord d'échelonnement pour le reste. L'objectif est de motiver les auteurs à réparer activement le préjudice et de renforcer la position des victimes.

Suppression de la criminalisation du non-paiement de la pension alimentaire (§ 196)

Un changement fondamental intervient. Le simple non-paiement de la pension alimentaire ne sera plus une infraction pénale. Seul sera sanctionné pénalement le comportement par lequel l'auteur « expose la personne autorisée au danger de misère ». Ce changement reflète le fait que la répression pénale dans ce domaine manquait d'efficacité et augmentait plutôt les arriérés de pension alimentaire.

Conclusion : Résumé des impacts de la réforme du code pénal

La réforme du code pénal 2025 est une tentative ambitieuse de modernisation du droit pénal. D'une part, elle apporte une libéralisation bienvenue dans l'approche du cannabis et renforce les peines alternatives. D'autre part, elle durcit les sanctions pour les crimes de haine et répond aux nouvelles menaces, comme les deepfakes. Cependant, les plus grandes interrogations subsistent quant aux impacts pratiques et surtout à la constitutionnalité du certificat enfant, qui pourrait faire l'objet d'un contrôle par la Cour constitutionnelle. Seule la pratique des années à venir montrera comment ces changements complexes se manifesteront dans l'activité de la justice et dans la vie de la société.

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JUDr. Mojmír Ježek, Ph.D.
ECOVIS ježek, advokátní kancelář s.r.o.
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